Assurance

Assurance : Les sujets chauds de la rentrée 2019

STORY – Brexit, loi Pacte, présidence de la FFA, loi mobilités, dépendance… Retrouvez dans cette vidéo les sujets qui occuperont les acteurs de l’assurance dans cette rentrée 2019. 

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Assurance Cyber : Les couvertures silencieuses en question

Dans sa dernière étude sur l’assurance cyber, l’agence Moody’s pointe plusieurs freins au développement des assureurs sur un marché pourtant prometteur. Les couvertures silencieuses sont l’une des principales difficultés rencontrées par les compagnies.

Avec une explosion de la demande de couvertures depuis plus de quatre ans, les assureurs auraient pu trouver dans le risque cyber un important relai de croissance… mais il n’en est rien. Les problématiques de cumuls, notamment du fait de garanties mal positionnées ou de couvertures silencieuses, posent encore d’importantes difficultés aux compagnies, sur marché de la cyberassurance réduit mais très rentable (2Mds de dollars de primes rien qu’aux USA l’année dernière, en hausse de 26% depuis 2015).

Selon la dernière étude de Moody’s Investors Services sur la cyberassurance, les compagnies peinent à identifier les polices les plus adaptées en fonction d’un risque de nature très changeante. « L’évaluation de la cyberexposition assurée est compliquée » indique l’agence de notation. Ainsi, les assureurs doivent faire le tri entre garanties cyber dédiées ou intégrées dans les polices d’assurances multirisques traditionnelles.

Les couvertures silencieuses en question

Autre problématique soulevée par Moody’s, les couvertures dites «  silencieuse ». En cas de sinistres cyber, certaines conséquences peuvent alors être couvertes par des polices d’assurance dommages ou RC classiques, qui incluent ou excluent – de manière parfois implicite ou ambiguë – les cyber risques. « Par conséquent, une évaluation et une gestion précises de la cyberexposition constituent une priorité absolue pour les assureurs dommages, d’autant que les limites de garanties des polices traditionnelles sont souvent des multiples de celles prévues par les polices cyber dédiées », indique Moody’s.

Si les nouvelles approches de souscription et de gestion des risques tendent à faire table rase des « silent cyber », les assureurs travaillent notamment à créer un inventaire des polices traditionnelles avec risques cyber intégrés. « Les compagnies déplacent le risque cyber vers des polices autonomes ou mettent en place de “cyber sous-limites”. Les assureurs et les réassureurs travaillent également avec une modélisation des fournisseurs tiers [ndlr : des entreprises assurées] pour aider à dimensionner le risque », précise l’agence.

Les compagnies s’organisent

Alors que certaines compagnies comme Allianz (via AGCS) ont annoncé avoir pris des mesures contre les couvertures silencieuses lors de la souscription, le régulateur britannique (The Bank of England Prudential Regulation Authority) a demandé aux assureurs d’élaborer des plans d’action en ce sens. De même, le Lloyd’s of London souhaite qu’en 2020, toutes les polices dommages first-party de ses compagnies membres soient transparentes pour éviter les cyberexpositions cachées.

« L’absence de politique uniforme et la nature évolutive du risque freinent la croissance de la cyberassurance en tant que produit d’assurance dédié. L’accumulation de risques potentiels constitue un autre défi, car un même événement peut affecter plusieurs clients, en particulier lorsque les entreprises passent à l’informatique en cloud. Pourtant, les perspectives de croissance de la cyberassurance sont prometteuses compte tenu de la nature changeante du risque, de l’omniprésence de la technologie, de la valeur de l’assurance en tant qu’outil de gestion des risques et de la réglementation en expansion, autant de facteurs qui stimulent la demande de couverture », conclut Moody’s.

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Assurance vie : Les bancassureurs, champions des taux de chargement

Parmi les différents opérateurs d’assurance vie, les bancassureurs affichent les taux de rendement le plus bas, les taux de chargement les plus élevés et les taux techniques les plus bas, selon une étude de l’ACPR.

L’ACPR a analysé pour la première fois les taux de chargement de plus de 24.000 contrats d’assurance vie de 89 organismes différents. En 2018, le taux de chargement moyen du marché s’élève à 0,61%. Ce taux correspond au rapport entre les frais de gestion du contrat et les provisions mathématiques moyennes. Parmi les différents acteurs, les bancassureurs, qui concentrent 61% des encours de l’assurance vie, sont ceux qui imposent les frais les plus élevés, de 0,64% contre 0,45% pour les assureurs traditionnels et 0,32% pour les mutuelles.

Le taux de chargement des bancassureurs est très homogène entre les acteurs : 50% des bancassureurs appliquent un taux moyen de chargement compris entre 0,6% et 0,8%. En revanche, les mutuelles affichent des taux très différents, compris entre 0,1% et 0,7% pour la moitié des acteurs à l’étude. Du côté des assureurs, la moitié des acteurs appliquent des taux de chargement compris entre 0,5% et 0,7%.

Les bancassureurs sont également la famille d’acteurs qui offre un taux technique le plus bas à 0,34%, contre 0,70% pour les assureurs traditionnels et 0,98% pour les mutuelles.

En ce qui concerne la rémunération, les bancassureurs ont servi en 2018 les taux de rendement les plus bas : 1,71% en moyenne contre 2,00% pour les assureurs traditionnels et 2,61% pour les mutuelles. Malgré ces différences, les bancassureurs ont réduit un peu les écarts avec le reste du marché en 2018 car ils ont augmenté leur taux moyen de 4 points de base, tandis que les assureurs traditionnels et les mutuelles l’ont baissé de 7 et 11 points.

Taux de revalorisation stable

En 2018, le taux de revalorisation moyen des fonds euros s’élève à de 1,83%, le même qu’en 2017, contre 1,93% en 2016. Ce taux qui était de 3,02% en 2011, a perdu 30 points de base en moyenne par an jusqu’en 2017. « Pour la première fois depuis 2010, la part des encours affichant une hausse du taux de revalorisation est supérieure à celle en baisse », affirme l’ACPR. « Les revalorisations des contrats individuels se sont resserrées en 2018 autour de la moyenne », indique le superviseur. La part des contrats les mieux rémunérés reste stable. Ainsi 2% des encours sont rémunérés à un taux autour de 4,5%, contraints par des taux techniques élevés.

Faible augmentation des provisions

Les assureurs ont continué à augmenter leurs provisions pour participation aux bénéfices mais à un rythme légèrement inférieur à celui des dernières années. La PPB moyenne s’élève à 4,3% des provisions d’assurance vie en 2018 (contre 3,9% en 2017 et 3,4% en 2016).

Derrière un taux technique moyen de 0,43% en 2018, se cachent de grandes disparités. 18 organismes affichent un taux technique supérieur à 1,5%. Les contrats les plus anciens offrent un rendement de 2,29% en moyenne contre 1,81% pour les autres contrats, à cause de taux techniques élevés. Les contrats commercialisés après 2010 offrent également un meilleur rendement à 1,91% contre 1,79% pour les contrats vendus dans les années 1990 et 1,73% pour les contrats vendus dans les années 2000. L’ACPR l’explique à cause de la pression concurrentielle.

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Assurance vie : La collecte nette sur sa lancée en novembre

INFOGRAPHIES – Selon les chiffres publiés par la Fédération française de l’assurance, la collecte nette a atteint 2,7Mds d’euros au mois de novembre 2018.

En novembre, la collecte nette est restée sur la même tendance que celle observée en octobre dernier. Elle a ainsi atteint 2,7Mds d’euros proche des 2,5Mds d’euros enregistrés un mois plus tôt.

Les cotisations versées aux assureurs se sont tassées à 11,8Mds d’euros contre 13,1Mds d’euros en octobre. Dans le même temps, les prestations ont baissé de 1,3Mds d’euros à 9,2Mds d’euros.

Depuis janvier 2018, une nouvelle dynamique est enclenchée avec 23,1Mds d’euros de collecte nette. Pour rappel, sur l’ensemble de l’année 2017, elle s’établissait à 8,4Mds d’euros

Autre point positif pour le secteur, la part des unités de compte est repartie à la hausse. Avec 3,4Mds d’euros de collecte, elle s’établit à 28,8% des cotisations, soit un peu au-dessus de la moyenne de de 28% observée depuis le début de l’année.

L’encours gagne quant à lui 1% sur un an à 1.704Mds d’euros.

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Assurance construction : Le gouvernement souhaite une harmonisation européenne

Le gouvernement va plaider au niveau européen pour une harmonisation des règles régissant l’assurance construction, fragilisée en France par une série de défaillances d’assureurs ces dernières années, a promis vendredi Julien Denormandie, le secrétaire d’Etat à la Cohésion des Territoires.

Etat et députés doivent oeuvrer de concert “pour voir comment on peut pousser (…) non seulement le cadre national, mais surtout européen qui à mes yeux est vraiment l’une des clés de réussite”, a souligné M. Denormandie durant un colloque consacré à l’assurance-construction à la Fédération française du bâtiment à Paris. “C’est effectivement un vrai sujet de savoir comment on fait pour harmoniser ce cadre européen”, a déclaré le secrétaire d’Etat qui s’est engagé à défendre la question auprès du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Selon lui, la France a déjà réussi à faire entendre sa voix “sur des sujets compliqués, je pense aux travailleurs détachés qui est ô combien important dans le domaine de la construction. Il n’y a aucune raison que nous n’y arrivions pas non plus dans d’autres domaines de la construction, comme l’assurance”, a-t-il dit, tout en reconnaissant qu’il allait s’agir d“un travail de longue haleine”.

Sur le plan national, le secrétaire d’Etat a mis en avant des progrès réalisés ces derniers mois, notamment l’accord trouvé entre parlementaires sur le projet de loi Elan sur le logement, qui “simplifie” et s’attaque au problème de “l’inflation des normes”. Reste que dans un contexte où les différents acteurs se rejettent mutuellement depuis plusieurs mois la responsabilité des difficultés de l’assurance construction, M. Denormandie a appelé assureurs et constructeurs à “un travail collégial” pour “savoir quels sont les bons équilibres”.

Depuis quelques années, le marché français de l’assurance construction est marqué par les difficultés d’acteurs actifs en France, mais agréés à l’étranger. Certains ont fait faillite, comme la compagnie Gable fin 2016, d’autres se sont retirés du marché français, comme Elite Insurance en 2017. Les deux compagnies étaient respectivement agréées au Liechtenstein et à Gibraltar.

Le mouvement s’est accéléré en 2018 avec la liquidation du néo-zélandais CBL, qui contrôlait notamment le courtier français SFS, poussant le régulateur du secteur, l’ACPR, à appeler en mai à la vigilance tout en admettant sa relative impuissance.

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