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Assurance vie : des taux de rendements contrastés en 2012

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Selon une étude de l’Autorité de contrôle prudentiel, le taux moyen de revalorisation des contrats d’assurance vie a atteint 2,90% en 2012, en retrait de 0,1 point par rapport à 2011. Les différences de rendement sont cependant plus marquées entre les contrats.

L’année 2012 a été morose pour l’assurance vie. Le rendement moyen des contrats et fonds en euros a de nouveau baissé l’an dernier, de 3,0% en 2011 à 2,9%, selon une étude de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) de juillet 2013. « Cette baisse modérée fait suite au fort recul de 2011, qui avait été lui-même plus marqué que la moyenne des années précédentes (les taux de revalorisation sont revenus de 4,1% en 2007 à 3,9% en 2008, puis 3,6% en 2009 et 3,4% en 2010) », précise l’ACP qui délivre des statistiques nettes de frais, avant prélèvements sociaux (15,5%) et fiscaux.

Taux de revalorisation stable pour 1 contrat sur 5

Pour expliquer ce recul de performance, l’organisme évoque la dégradation de la conjoncture économique et son effet sur les taux d’intérêt à long terme des emprunts d’Etat, comme celui de l’OAT (Obligation assimilable du Trésor) à 10 ans, à 2,0% en décembre 2012 contre 3,2% un an plus tôt. « Ce mouvement a pesé sur les produits d’intérêt des actifs investis par les assureurs dans la période de taux bas et par conséquence sur les taux de revalorisation servis aux assurés. » Néanmoins, les assureurs vie ont pu intégrer « un environnement financier moins dégradé sur le marché des dettes souveraines » ainsi que la remontée des cours boursiers, à l’image du CAC 40, qui a gagné plus de 15% sur l’exercice.

Comme en 2011, les assurés n’ont pas tous profité de rendements comparables. En effet, 66% des contrats ont été revalorisés à un niveau inférieur à celui de l’année précédente, contre 91% en 2011. Autrement dit, un peu plus d’un tiers des titulaires d’une assurance vie n’ont pas subi de baisse de rémunération de leur épargne investie sur des fonds en euros.

La part des contrats présentant un rendement supérieur à 2011 atteint 14%, contre 2% en 2011 et celle offrant un taux stable 20%, contre 7% en 2011. Globalement, 46% des contrats affichent un rendement supérieur au seuil symbolique de 3%, contre 58% en 2011.

Un assureur, plusieurs taux de rendement

Si la « dispersion des taux de revalorisation » est similaire à celle de 2011, selon l’ACP, c’est surtout au sein même des assureurs vie qu’elle se fait plus criante. « Seulement 8% des sociétés retenues pour l’étude ont proposé un taux identique pour tous leurs contrats, ceux-ci représentant 0,3% du total des provisions mathématiques », pointe l’Autorité de contrôle prudentiel. « Cela peut s’expliquer notamment par des taux garantis différents qui prévalaient au moment des périodes de commercialisation, (…) ou par des stratégies de commercialisation différenciées selon le réseau de distribution ou la clientèle cible », avance-t-elle.

Enfin, l’ACP note que les taux servis aux contrats fermés ont baissé de manière plus sensible que dans le cas des contrats ouverts, de 0,14 point contre 0,11 point, « le taux moyen des contrats fermés restant toujours légèrement plus élevé que celui qui s’applique aux contrats ouverts ».

Plusieurs experts tablent sur une nouvelle érosion de la rentabilité des contrats d’assurance vie en 2013 et fonds en euros, en raison du plus bas atteint par l’OAT 10 ans le 3 mai 2013 (1,67%).

Sur les rendements de l’assurance vie
Les taux de rendement 2012 restent meilleurs sur Internet

 


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Assurance vie : « Les taux annoncés donnent une vision surestimée de la réalité »

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INTERVIEW – Comme chaque début d’année, les assureurs vie ont rivalisé d’annonces sur les taux de rendements de leurs fonds en euros. Des informations pas toujours complètes selon Cyrille Chartier-Kastler, le fondateur du site de prescription d’assurance Good Value for Money qui vient de publier une étude sur le sujet.

 Toutsurl’assurancevie.com : Les assureurs mentent-il sur les taux de rendement de leur fonds en euros ?

Cyrille Chartier-Kastler : Non, les assureurs ne mentent pas ; le seul point est que l’information transmise sur les rendements n’est pas toujours complète. Aussi, les taux annoncés donnent une vision surestimée de la réalité. L’écart entre la moyenne des taux communiqués et la moyenne effective des taux servis se situe entre 15 à 25 centimes selon les années. Certains détenteurs de contrats « anciens » découvrent ainsi à la lecture de leur relevé annuel de situation des taux qui n’ont été encore que très peu communiqués de manière publique.

Comment expliquez-vous alors ces écarts ?
Ces différences s’expliquent par un biais de communication finalement assez logique : les compagnies mettent en avant leurs produits délivrant les meilleurs rendements et sont souvent plus discrètes sur les contrats moins bien dotés. Cette politique de communication s’accentue au fil des années, puisque les taux communiqués en 2012 par les acteurs de l’assurance vie dépassent dans les trois quart des cas (76%) la moyenne du rendement du marché contre 69% des produits en 2006.

Quels produits sont ainsi mis en évidence ?
Une partie de la profession dévoile en priorité les rendements des produits les plus récents dont les taux se révèlent en moyenne supérieurs de 23 centimes à ceux des contrats les plus anciens. Les nouveaux contrats portent sur des encours plus faibles, ce qui permet aux assureurs de faire valoir des rendements favorables à moindre coût. Ces contrats sont alors utilisés comme des produits d’appel pour capter la collecte des épargnants. Les compagnies servent en contrepartie souvent des rendements plus faibles sur leur « vieux » contrats pour lesquels les clients demeurent captifs jusqu’à la barrière fiscale des huit ans (avant, les intérêts des contrats sont taxés à 15% ou 30%, NDLR). Ces politiques de rendement différenciés se retrouvent surtout chez les compagnies ou les bancassureurs « capitalistes » (privées en opposition aux assureurs vie mutualistes, NDLR) comme Allianz, Axa, Generali et d’autres. Ces opérateurs cotés en Bourse sont aujourd’hui dans un champ de contraintes élevé pour réussir à délivrer un bon rendement des capitaux investis par leur actionnaire, alors même que les taux sont historiquement bas et que les marges fondent de ce fait.

Cette pratique n’est pas généralisée à l’ensemble du marché. Certains opérateurs appliquent des taux identiques sur tous leurs contrats. Je pense en particulier aux assureurs vie mutualistes et associatifs comme l’Afer, Asac Fapes ou Mutavie, dont les taux sont servis de façon plus égalitaire indifféremment de la taille des contrats et de l’ancienneté de leurs clients.

La moyenne des taux cachent-elles de fortes inégalités entre les contrats ?
Oui. Pris dans leur ensemble, les taux annoncés masquent de fortes disparités. Les meilleurs taux s’élèvent ainsi en 2012 entre 3,70 et 3,90% contre une fourchette de 2 à 2,30% pour les plus faibles. Ces écarts de rendement s’accroissent au fil des années : en 2012, il se situe entre 140 et 190 centimes. Nous observons par exemple cet intervalle maximal entre le rendement du contrat Winnéo Retraite de MAAF Vie situé à 2,01% et celui du Compte Epargne Libre Avenir de la MIF qui est à 3,90% en 2012.

Comment expliquer ces différences du simple au double ?
Elles s’expliquent d’abord par la stratégie d’allocation des actifs de chaque assureur et la prise de risque associée, notamment la répartition entre actions et obligations. Mais les taux varient également en fonction du choix des assureurs de provisionner une partie de leurs résultats afin de garantir les rendements futurs ou au contraire de puiser dans leurs réserves dans le but de « doper » ou simplement maintenir les rendements servis en 2012.

Ceux qui font le choix de ne pas constituer de provision pour participation aux excédents (PPE) ont ainsi fortement augmenté leurs rendements servis en 2012. Ces compagnies ont connu une année 2012 bénéfique sur le plan financier avec la remontée du marché des actions qui composent environ 7-8% des fonds en euros. C’est le cas par exemple du fonds Carnet d’Epargne (+0,97% en 2012) des produits Capma et Capmi de Monceau Assurances. Mais cette stratégie présente le risque d’une volatilité des rendements d’une année sur l’autre car la marge de manœuvre pour les années futures est plus limitée. Même s’il faut le préciser, tous les assureurs conservent des sécurités, notamment de nature réglementaire.

Quels contrats doivent privilégier les épargnants ?
Lors de son choix, l’épargnant a tout d’intérêt à comparer le rendement servi durant les dernières 5 années au minimum. La quasi-totalité des compagnies proposent des offres de bonne qualité ; la vraie question est de les dénicher. Allianz est ainsi l’assureur partenaire d’Asac Fapes et Axa de l’Agipi. Il n’y a donc aucun caractère binaire selon la nature de la compagnie ; l’assuré doit simplement prendre du recul avant de souscrire.

D’autres produits offrent des rendements supérieurs à la moyenne. Je pense en particulier aux produits avec plusieurs fonds en euros qui gagnent du terrain. Ils représentent aujourd’hui 8 % des produits contre seulement 2 % en 2006. Les fonds en euros immobiliers et « dynamiques » (avec une « poche » actions ; NDLR) proposent également des rendements moyens supérieurs à ceux des fonds en euros classique. Ces gains vont de 61 centimes pour les premiers à 63 centimes pour les seconds. Mais ces contrats concernent davantage une clientèle avertie, qualifiée de « patrimoniale ».

Pourquoi ces contrats sont-ils meilleurs que la moyenne ?
Les contrats dotés de plusieurs fonds permettent de diversifier la stratégie d’allocation du produit en présentant des profils de risque plus élevés. Les fonds en euros dynamiques proposent par exemple une garantie de rendement minimum de 0%. Mais en contrepartie de cette prise de risque dans la gestion financière, ils peuvent doper le rendement en prenant davantage de risques sur leurs actifs.

Les fonds immobilier peuvent contenir entre 30 et 50 % d’actifs immobiliers. Cette composition leur assure un bon rendement récurrent grâce aux loyers. Mais attention au risque de dégradation du marché immobilier et de liquidité ! Il faut rentrer sur ces fonds dans une approche de long terme.

Propos recueillis par Pierre Havez

 


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Assurance vie : les taux de rendement 2012 restent meilleurs sur Internet

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Les performances servies par les fonds en euros commercialisés sur le Web dépassent presque toutes les 3%, souvent largement. Mais l’écart avec des acteurs plus traditionnels tels que les contrats d’associations d’épargnants se réduit. D’où l’idée de proposer des supports investis en SCPI.

Cette année encore, les taux de rendement des contrats d’assurance vie proposés sur Internet sont supérieurs à ceux commercialisés « off line ». A l’exception notable de Sélection Rendement, l’un des deux fonds en euros d’ACMN Vie distribués sur le Net, qui affiche un piètre 2,90% en 2012, tous se situent au-dessus de la moyenne attendue du marché.
Alors que la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) prévoit un taux moyen de 2,90% en 2012 (contre 3% en 2011), les fonds euros vendus en ligne se situent bien au-delà de la barre des 3%. C’est particulièrement vrai des nouveaux « e-fonds » lancés l’an dernier. Netissima de Generali, disponible chez Altaprofits, mes-placements.fr, LinXéa, Monabanq et Monfinancier.com, offre ainsi un taux de 3,62%. Euro Exclusif, déclinaison de Netissima distribuée par Boursorama, sert une performance équivalente.
Le fonds Euros allocation long terme de Spirica (ex-Axeria Vie), une filiale de Crédit Agricole Assurances, également sorti l’année dernière, propose 4,01%. Mais la palme revient à Suravenir avec son fonds Suravenir Opportunités, proposés chez Fortuneo, Fidelity, Assurancevie.com, Hedios Patrimoine et LinXéa, qui sert un très joli 4,05% !

L’accent mis sur le Net

Si les assureurs proposent de telles performances sur la Toile, ce n’est pas un hasard. « Les internautes peuvent comparer les rendements d’un simple clic. Il faut donc être plus que jamais compétitif », rappelle un courtier vie, présent sur Internet. Les assureurs vie seraient d’autant plus prêts à faire des efforts qu’ils ont pris conscience du potentiel que peut représenter le Web.
Generali, via sa filiale digitale e-Cie-Vie, réalise déjà 20% du chiffre d’affaires de ses activités d’épargne sur le Net. « L’exercice est d’autant plus facile que les fonds dédiés au Web sont encore de « petits » fonds, plus faciles à piloter que les gros paquebots des contrats traditionnels », explique un bon connaisseur du marché. En clair : les sommes en jeu étant moins élevées, les assureurs peuvent prendre un peu plus de risques et ainsi aller chercher davantage de rendement.

Des performances également en recul

Reste que, sur Internet comme ailleurs, les taux des contrats d’assurance vie sont à la baisse. Sur un an, le fonds euros classique de Spirica, commercialisé notamment sur Epatrimoine, France Sélection ou LinXéa, perd 11 centimes, de 3,62% en 2011 à 3,51% en 2012. Dans le même temps, Suravenir Rendement cède 15 centimes (3,75% en 2011, 3,60% en 2012). Le taux d’Eurossima, l’autre fonds Web de Generali, distribué chez ING Direct, Boursorama, Advize ou Meilleurtaux.com, chute de 30 centimes (3,72% en 2011, 3,42% en 2012), tout comme Sélection Rendement d’ACMN Vie (3,20% en 2011, 2,90% en 2012). Internet Opportunités, l’autre « e-fonds » d’ACMN Vie, également vendu chez Hedios Patrimoine, Epargnissimo ou encore Assurancevie.com, baisse même de 35 centimes, passant de 3,50% en 2011 à 3,15% en 2012.
Si ces performances demeurent au-dessus de la moyenne du marché, elles se rapprochent, voire se situent en deçà des fonds euros orientés sur l’immobilier. Le fonds Euro Pierre Plus, proposé par ACMN Vie et La Française AM, offre 3,80% quand Sécurité Pierre Euro conçu par Suravenir pour le réseau de gestion de patrimoine Primonial sert 4,15%. Les courtiers et assureurs vie en ligne vont devoir remettre les bouchées doubles s’ils veulent continuer à se distinguer. Ce qu’ils ont commencé à faire en proposant de façon quasi-systématique le choix entre deux fonds en euros, dont un à prépondérance immobilière, largement investis en société civiles de placement immobilier (SCPI).

 


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Assurance vie : les bancassureurs ne résistent pas à la baisse des taux en 2012

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Les contrats d’assurance vie en euros des banquiers accusent à nouveau des rendements peu attrayants pour 2012. Majoritairement en baisse par rapport à 2011, ils oscillent entre 2,80 et 3,50%, selon les établissements distributeurs.

 

Toujours à la peine dans le palmarès des rendements d’assurance vie, les bancassureurs n’ont pas inversé la tendance en 2012. Les taux restent très variables selon les banques et la composition de leurs supports sécuritaires en euros.

Baisse généralisée de 20 points par rapport à 2011

ACMN Vie, filiale du groupe Crédit Mutuel Nord Europe, a communiqué des rendements en baisse de 0,20 point des fonds en euros de ses contrats d’assurance vie. « Le choix a été fait de diminuer la rémunération de nos fonds en euros, pour s’inscrire dans la moyenne du marché et continuer à rémunérer les capitaux qui nous sont confiés largement au-dessus de l’inflation », a exposé Hervé Bouclier, le directeur général d’ACMN Vie dans un communiqué, justifiant cette décision par la nécessité de « sécuriser l’avenir des futurs rendements ». Pour l’année écoulée, ACMN Vie affiche des taux de 2,80% pour son contrat « ACMN Avenir » et de 3,00% pour « ACMN Horizon Patrimoine ». Pour sortir de cette spirale négative, son directeur incite les épargnants à opter pour des contrats multi supports. « Face à cette baisse tendancielle des rendements proposés par les fonds en euros, il est plus que jamais opportun pour nos assurés, qui souhaitent bénéficier d’un surplus de performance globale sur le moyen et le long terme, de diversifier leur capital assuré. »

De même, Sogecap voit les rendements de ses fonds en euros fondre de 0,20 point entre 2011 et 2012. « Ebene » et « Sequoia » ressortent respectivement à 3,30% en 2012 et 3,03%, contre respectivement 3,50% et 3,19% en 2011. Préférant retenir la « solidité et [l]a gestion qualitative de long terme » de son support sécuritaire en euros, la filiale assurance vie du groupe Société Générale évalue ces baisses respectives à « 15 centimes sur 1 an et 39 centimes sur 2 ans ».

Du côté de BNP Cardif, la diminution est moins sensible. La banque indique un taux de rendement moyen sur l’ensemble de ses contrats de 3,03% pour 2012, en baisse de 0,11 point par rapport à l’année précédente. Cette performance relative varie cependant en fonction des contrats de la banque. « BNP Paribas Multiplacements 2 » plafonne ainsi à 2,91%, assez loin derrière « Cardif Multiplus » et « BNP Paribas Multiplacements Privilège », respectivement à 3,20% et 3,27%. Afin de limiter une éventuelle nouvelle baisse de rendement en 2013, BNP Paribas propose pour son contrat « BNP Paribas Multiplacements 2 » une offre promotionnelle avec des frais d’entrée à taux réduit à 1,50% et un taux de rendement à 3% jusqu’en 2014, dont la souscription sur Internet ou par téléphone doit être effectuée entre le 7 et le 31 janvier 2013.

Le poids de la Grèce

Seule exception à cette hécatombe, Predica, la filiale d’assurance de personne du Crédit Agricole Assurances a « fait le choix de maintenir, voire d’augmenter, la rémunération de ses contrats d’assurance vie ». La hausse annoncée ne concerne que ses contrats de gammes intermédiaires : « Predissime 9 » pour Crédit Agricole et « Vert Equateur » pour LCL, dont les rendements 2012 atteignent tous deux 2,80% en 2012, en légère hausse de 0,10% par rapport à 2011. Ces taux demeurent inférieurs aux contrats de la gamme patrimoniale comme « Floriane » (3,20%), « Espace Liberté » (3,30%) ou « Vers l’avenir » (2,90%) pour le Crédit Agricole et « Rouge Corinthe Série 3 » (3,20%) et « Gulliver » (3%) pour LCL. Au total, Predica annonce un taux moyen 2012 pondéré des encours de 3%. Un niveau suffisant pour convaincre les épargnants ? « La performance de l’assurance vie, placement de long terme, s’évalue dans la durée. Celle-ci reste significativement supérieure au rendement de la plupart des autres produits d’épargne en France », veut croire Jérôme Grivet, le directeur général de Crédit Agricole Assurances, dans un communiqué.

Cette performance doit être largement relativisée selon le site de prescription d’assurance à destination du grand public Good Value for Money. Ce dernier pointe en effet les « fortes positions sur la Grèce » prises par Prédica en 2011. La forte dégradation de ses contrats l’année dernière, évaluée à 266 centimes de rendement par le site, lui a ainsi permis de bénéficier d’une base favorable pour le calcul de sa variation pour 2012. A titre de comparaison, en raison d’une moindre exposition, la dépréciation de la dette grecque n’aurait couté que 23 centimes de rendement à Cardif Assurance Vie et Sogécap, et « entre 33 et 55 centimes » pour les Assurances du Crédit Mutuelle, toujours selon Good Value for Money.

Rappelons que les taux communiqués sont nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux de 15,5% assortis d’une éventuelle fiscalité, dont le taux peut varier soit en fonction de la tranche d’imposition de l’assuré, soit de la durée de détention du contrat en cas d’option pour le prélèvement forfaitaire libératoire.


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Afer : le taux 2012 du fonds garanti en euros en hausse à 3,45%

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Le taux de rémunération 2012 du Fonds Garanti en euros Afer de la célèbre association d’épargnants a légèrement augmenté par rapport à 2011 (3,43%). Aviva, l’assureur du contrat, a diversifié le portefeuille vers la dette émergente et le haut rendement.

Combien a rapporté le fonds en euros de l’Afer en 2012 ? « 3,45%, une surprise », a annoncé Gérard Bekerman, président de l’Association Française d’Epargne et de Retraite, mardi 15 janvier 2013. Ce taux de rendement net de frais de gestion, avant prélèvements sociaux, est supérieur de deux dixièmes à celui servi en 2011 (3,43%). Au total, ce sont 1,54 milliards d’euros de revenus bruts générés par le portefeuille de plus de 39 milliards d’euros de ce Fonds Garanti en euros. Soit environ 1.900 euros par adhérent en moyenne, déduction faite des frais, hors CSG-CRDS et autres cotisations sociales.

Diversification du portefeuille

Comment ce taux, que Gérard Bekerman qualifie de « sincère », a-t-il été obtenu ? « La performance a été naturellement constituée et non pas en piochant dans telle ou telle réserve (100% de la performance est reversée en application des statuts, NDLR) ou dans tel exercice de plus-values massives », répond Nicolas Schimel, nouveau directeur général d’Aviva France, l’assureur du contrat. Pour ce dernier, ce sont plutôt les « convictions » de Jean-François Boulier, président du directoire d’Aviva Investors France, en charge de la gestion du fonds, qui « ont payé ». Notamment les prises de positions sur les obligations du secteur financier dès 2008 et 2009.

En 2012, les équipes d’Aviva Investors ont en effet procédé à une diversification des investissements en partie hors d’Europe, notamment sur le marché de la dette des pays émergents et sur celui du high yield (obligations à haut rendement) aux Etats-Unis, en raison de surplus de rendement jugés « attractifs ». « Nous allons continuer dans cette direction car les perspectives de taux ne sont pas très favorables dans la zone euro », anticipe Jean-François Boulier faisant référence aux emprunts d’Etat allemands, jugés « beaucoup trop chers » mais aussi français. Les obligations souveraines ont touché des plus bas historiques dans le courant de l’année 2012, tombant à 1,95% pour les emprunts d’Etats français à 10 ans, et à 1,15% en Allemagne. A ce niveau, « c’est un placement qui perd en pouvoir d’achat de façon certaine », a-t-il estimé.

Protection du fonds en euros contre une remontée des taux

Afin de protéger le Fonds Garanti d’une remontée des taux et donc de l’inflation, la pondération des obligations à taux variables a augmenté, passant en un an de 24,5% à 29,2% du portefeuille obligataire. Enfin, la société de gestion indique avoir « continué de profiter des opportunités offertes par de nouvelles émissions d’entreprises du secteur privé ». Au 31 décembre 2012, celles-ci représentent 53,1% de l’actif général, dont 18,5% en dehors du secteur financier. En revanche, ce n’est pas l’ampleur de l’exposition aux marchés actions qui a dopé la performance globale. Avec un poids de 3,6%, Jean-François Boulier a convenu qu’il s’agissait d’une « part relativement modeste que nous pourrions dans le futur reconsidérer pour bénéficier de la sous-valorisation » actuelles des titres cotés en Bourse.

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